Vous lisez La naissance d’Hector.
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Publié le 1 janvier 2007 par Cécile.
Catégories: Le Blog.
Tout commence jeudi matin. Nous sommes le 14 septembre 2006. La date du terme pour cette grossesse est le 23 septembre…
Il est un peu plus de quatre heures du matin et je suis réveillée, je fais souvent des insomnies. Cette nuit, je sens quelques contractions, très légèrement douloureuses. Je me lève et je vais écrire un peu dans le « journal de la grossesse » que je donnerai à mon bébé quand il aura grandi.
Je suis contente, je sens que des choses bougent. Depuis lundi j’ai un grand appétit, vraiment besoin de manger alors que ces derniers temps avec les remontées acides je ne mangeais pas énormément. J’ai aussi une sensation de ventre plus tendu. Hier j’ai senti aussi quelques contractions, pas douloureuses mais qui sont un signe!
Pour ma première grossesse, je n’en avais pas du tout senties ! J’aborde cet accouchement comme si c’était le premier. Et c’est presque vraiment un premier, tant le premier m’a été volé par le corps médical. Déclenchement le jour du terme, gel pour maturer le col, gel bis pour maturer le col puis rapidement péridurale et ocytocyne. 36 heures difficiles qui ont vu heureusement un beau dénouement (par miracle, le bébé est sorti tout seul). Je ne veux pas revivre ça, je veux pouvoir vivre mon accouchement, je veux (nous voulons !) une naissance respectée pour ce bébé-là.
Nous sommes très contents de cette nouvelle grossesse, impatients et en même temps il faut bien vite s’occuper de la « logistique ». Et surtout : trouver une sage-femme qui accepte de nous accompagner.
Nous voyons plusieurs sage-femmes, nous gérons les refus difficilement, et finalement nous voyons une sage-femme de Castres qui accepte de nous accompagner mais ne vient pas jusqu’à Toulouse. Elle nous propose de louer un gîte pour deux semaines… Plusieurs bébés sont déjà nés ici.
Nous louons donc le gîte pour deux semaines, du 16 au 30 septembre. Nous ne prenons pas vraiment de vacances en juillet-août, pour que Fabien ait le maximum de temps libre pour la naissance. Nos vacances, ce seront ces deux semaines dans le gîte.
Et puis la grossesse se poursuit sans problème. Nous faisons de l’haptonomie, comme pour la première grossesse, car cela nous avait beaucoup plu. En fin de grossesse, je suis embêtée par des remontées acides, mais pour le reste tout se passe très bien.
Mon amie Guillemette accouche, le 4 septembre, chez elle, avec L., notre sage-femme. C’est très dur à vivre pour moi. Je me sens très fragilisée. Je repense à ma soeur qui a accouché chez elle, alors que ce n’était pas son projet initial
Mon père qui doit venir de Clermont-Ferrand pour s’occuper de Clovis n’a rien compris et pensait l’emmener chez des amis et le ramener après la naissance… Que faire avec Clovis pendant l’accouchement? Christine du gîte, et Sandra une amie du coin se proposent de nous aider. Mais aucune solution n’est vraiment satisfaisante…
Pile au moment où tout paraît compliqué, pour l’accouchement, et surtout pour l’organisation, la garde de Clovis, pile au moment où je me dit que j’aimerais tellement accoucher chez moi, je vois cette possibilité s’échapper alors que d’autres y arrivent !
Je passe quelques jours très difficiles.
Et puis je vois L. le 7 septembre. Elle me propose tout de suite de venir à la maison. J’ai un sentiment ambigü : en même temps je suis super contente d’avoir cette possibilité, de pouvoir accoucher chez nous, en même temps il faut revoir l’organisation de la garde de Clovis à la dernière minute!!
Guillemette me prête une grande tente : ce sera le coin isolé pour Clovis, son papi et sa mamie. Guillemette me propose aussi de venir (si elle peut être seule avec son bébé) ou de venir chercher Clovis pour l’accouchement ou en attendant que mon père arrive. Clovis connaît bien leur maison, ils n’habitent pas loin, je suis tout à fait confiante de le laisser aller chez Guillemette, même si j’ai quand même envie au fond de moi qu’il soit là, qu’il puisse voir tout de suite le bébé.
Ouf. Je suis beaucoup plus sereine. A partir de lundi, je me concentre sur l’accouchement, sur la naissance. Je me visualise accoucher à la maison. C’est tellement important pour moi, cet accouchement à la maison, que j’ai peur d’en faire un enjeu en soi et de le faire « louper ». J’essaie d’être plus zen.
J’achète les dernières affaires pour le bébé : quelques bodies et dors-biens en taille naissance et un mois. Je me dépêche de les laver, je sais que je peux accoucher maintenant d’un jour à l’autre, alors que la semaine d’avant l’accouchement me paraissait encore loin!
Je commence à prendre des gélules d’huile d’onagre, et de l’infusion de feuilles de framboisier. C’est ma soeur, qui a eu un accouchement rapide (elle a accouché à la maison alors que ce n’était pas prévu), qui m’en a parlé. Comme visiblement ça a bien marché pour elle, je suis très motivée par ces « remèdes de bonne femme ». Je demande à Fabien d’acheter 200g de feuilles de framboisier, car à un litre par jour ça part vite!
Je fais une séance d’acupuncture, je prends aussi une préparation homéopathique. La dernière séance d’haptonomie est prévue pour le 15 septembre.
Et nous voilà à ce fameux jeudi matin, 14 septembre. Je sens que ça bouge, que c’est pour « bientôt ». J’ai envie de garder ça un peu comme un secret… Je demande juste à Fabien de charger les batteries du camescope et des appareils photo, pour que tout soit prêt le moment venu. Je lui dit que j’ai senti quelques contractions, mais sans plus.
La journée se passe normalement, je finis des choses que j’ai à faire, je travaille à l’ordinateur, tout en sentant de temps en temps ces contractions. Je vais chercher Clovis à l’école à quatre heures et demie. En entrant à l’école, je sens une contraction un peu douloureuse, je me dit que celle-ci était un peu plus forte que les autres. Je commence à me dire que c’est peut-être le travail qui commence !
Nous rentrons à la maison. Il doit être à peu près 17h30. Je commence à sentir un peu plus les contractions. Je me dit que ce coup-là, je commence vraiment à sentir des contractions et que ça se précise. Je commence à penser que je vais peut-être accoucher cette nuit !
Clovis veut que je lui lise un livre, mais je n’en ai vraiment pas envie, en fait je n’ai envie de rien, si ce n’est d’écouter mon corps, de sentir ce qui se passe pour savoir si ça démarre vraiment ou pas. Je n’ai pas vécu ça pour la naissance de Clovis, je veux profiter de chaque moment.
Fabien rentre vers 18h30. Je suis soulagée, je sais qu’il va s’occuper de Clovis, j’ai besoin de me centrer sur mes sensations. J’appelle L. pour la tenir au courant. Elle me dit que c’est le pré-travail, que ça peut s’arrêter et repartir dans quelques jours, tout comme ça peut aussi s’intensifier et vraiment démarrer.
Fabien prépare à manger, nous appelle pour le repas. Nous mangeons tôt, il est environ 19h. Je n’ai pas faim du tout, je viens à table mais rapidement j’ai besoin de partir, ça me fait trop d’écouter Fabien et Clovis à côté. Et je n’ai pas du tout envie de manger! Je me mets sur le ballon, car les contractions commencent à faire mal.
Ça se précise dans ma tête, je me dit que ça y est, le travail démarre. J’attends encore un peu avant d’appeler L.. Elle vient de loin, j’ai peur de la déranger pour rien. Je l’appelle un peu avant 19h30.
Elle me dit que c’est le travail qui commence, elle pense partir d’ici une heure ou deux, sauf si ça s’intensifie auquel cas je dois la rappeler pour qu’elle parte.
J’ai un peu peur, quand les contractions arrivent j’ai l’impression que je ne sais pas comment les prendre, ça fait mal et c’est tout. Elle me rassure, me dit que ça va venir, et qu’à chaque fois que les contactions s’intensifient il faut un temps d’adaptation. Elle me conseille aussi de prendre un bain pour soulager les quelques contractions que j’ai senties dans les reins. Ça me fait du bien qu’elle me dise cela. Je me sens prête à affronter le travail qui s’annonce.
Je repense à ce qu’on a fait en haptonomie. Quand la contraction arrive, je souffle doucement, je visualise le bébé qui descend, qui glisse le long du fond de mon bassin, qui doit pousser sur le col. J’essaye différentes positions, à plat ventre sur le ballon ou accroupie.
Je ne vais pas dans le bain tout de suite, ça ne me dit rien. Je m’assoie plutôt sur le ballon, je fais des mouvements de rotation du bassin pour aider le bébé à se remettre bien dans l’axe. Ça fonctionne, les contractions suivantes ne me font plus mal dans le dos.
Je dis à Clovis que le bébé va bientôt naître, que j’ai des contractions qui me font mal. Je lui dit qu’on va appeler papi et mamie ou bien Guillemette si il a envie d’aller chez elle. Il est tout content. « Oui, je veux aller chez Guillemette ». Je suis soulagée. Soulagée car je réalise que j’ai envie qu’il ne soit plus là, soulagée car je vois bien qu’il n’est pas à l’aise avec cette situation, il n’a pas du tout envie d’être là et de voir ce qui se passe, de me voir souffrir aussi.
Fabien appelle Guillemette, son mari propose de venir le chercher tout de suite. On décide donc de ne pas appeler mon père, on veut déjà un peu voir comment ça se présente.
Et là j’ai bien envie de prendre ce bain, Fabien fait couler l’eau, pendant que je reste dans la chambre pour gérer les contractions. Je ne me rends pas bien compte si elles sont rapprochées ou pas, elles sont douloureuses mais gérables. Pendant ce temps, j’entends Clovis, qui est tout content de préparer sa petite valise pour aller chez Guillemette. C’est une grande aventure pour lui, ce sera sa première nuit à l’extérieur sans nous! Il choisit son pyjama. Ça me rassure de le sentir comme ça, il est content de ce « moment spécial » qu’il va vivre pour la naissance du bébé.
Je me mets dans le bain, ça me fait beaucoup de bien, ça me soulage, et ça me permet d’être dans ma bulle, pour gérer les contractions. Puis j’entends Pascal qui arrive, qui fait une partie de « SOS Ouistiti » avec Clovis (et Fabien?). Puis je les entends partir. Fabien me rejoint dans la salle de bain. Je ne sais pas du tout depuis combien de temps je suis dans le bain, je perds la notion du temps. Les contractions se rapprochent, deviennent plus douloureuses, mais je gère toujours. Il est plus de neuf heures.
Peu après l’arrivée de Fabien dans la salle de bain, j’ai une forte contraction que je sens aussi dans les reins, ça me fait mal et j’ai besoin de sortir du bain TOUT DE SUITE. Je repense au livre de Michel Odent que j’ai relu en début de semaine, et je réalise à quel point ses propos sont vrais quand il dit que la femme sent quand elle doit être dans l’eau ou quand elle doit en sortir. C’est exactement ça ! Je remets un tee-shirt pour ne pas avoir froid, et c’est là que le travail commence à s’intensifier. Je panique un peu car je ne supporte pas du tout de sentir les contractions dans les reins, je ne VEUX PAS avoir mal là. Du coup je me force à m’asseoir sur le ballon, à bouger le bassin et je parle au bébé, je le visualise pour le remettre « dans l’axe ».
Je pense à toutes ces femmes qui ont accouché et qui accouchent sans assistance médicale, à nos grands-mères, à ma soeur, à Guillemette. Oui, je peux y arriver!!
Je passe ensuite un moment avec Fabien sur un lit, appuyée sur lui, il pose ses mains sur mon ventre pour remettre le bébé dans l’axe, entre les contractions. C’est un geste haptonomique. Il me fait la remarque que les contractions sont très rapprochées.
J’ai envie de changer de pièce. Je lui demande de rappeler L. car j’aimerais qu’elle arrive bientôt, j’ai besoin de savoir où elle est. Ça commence à faire mal et je me dit que j’aimerais qu’elle soit là, pour m’aider. Il est 21h30.
Elle a mis du temps à partir car elle a des problèmes avec Internet, pour imprimer le plan pour venir ! Je lui explique la route rapidement, sur la fin je laisse le combiné à Fabien car je ne peux plus parler quand la contraction arrive.
Elle me dira après qu’elle a entendu à mes « bruits » qu’elle devait se dépêcher de partir !
Je suis rassurée de savoir qu’elle part, qu’elle sera « bientôt » là. Pour l’instant je suis avec Fabien, et là « j’entre » réellement dans mon accouchement. Je gère tant bien que mal les contractions les unes après les autres. Je réalise que ça y est, j’accouche ! Je me dit que d’ici trois ou quatre heures le bébé sera là…
Sur une contraction j’ai besoin de crier, je me rends compte que je crie « grave ». C’est drôle, je note ces petits éléments dans ma tête (un peu comme la sortie du bain), je sais qu’ils signifient quelque chose, je ne sais plus quoi mais ça ne fait rien. Ce sont des signes qui m’encouragent. A chaque signe, je me dit que c’est la preuve que ça avance, que le bébé fait son chemin !
Une ou deux fois je parle à voix haute au bébé, je lui demande de pousser sur le col, de sortir car j’en ai marre d’avoir mal ! Je suis accroupie, j’ai envie d’aller aux toilettes.. Fabien gère, il est présent, il est génial, il est avec moi pour m’accompagner.
Nous revenons dans la chambre, et là j’ai vraiment envie de m’accrocher au baldaquin. Fabien, qui lui reste lucide m’arrête dans mon geste « Non!, pas là! », il a trop peur que je fasse tout écrouler. Je me replie sur l’un des poteaux de soutien du baldaquin… Une partie de moi voit la scène et a presque envie de rire, heureusement l’autre partie reste connectée au cerveau primitif et je ne suis pas perturbée dans mon travail ! Je m’accroche physiquement et ça me fait du bien.
Puis j’ai un petit coup de barre. Entre les contractions je me repose sur Fabien, je baille. Je commence un peu à rêver, comme quand on s’endort très fatiguée et que les rêves arrivent avant le sommeil. J’ai envie de m’allonger, mais à peine suis-je sur le lit q’une contraction arrive et là il faut absolument que je descende du lit, TOUT DE SUITE quitte à un peu bousculer Fabien qui est devant moi !
Là ça commence à faire très mal, je m’accroche au cou de Fabien qui est assis sur le lit devant moi, je suis accroupie, ou sur les genoux. Je gère quelques contractions qui arrivent, je demande au bébé de sortir, je crie. Ça fait mal ! J’en ai marre, je veux qu’il sorte. Fabien m’encourage, il me dit doucement que les contractions sont rapprochées et qu’il n’y en a plus pour très longtemps. J’ai l’impression qu’il dit ça pour m’encourager mais je n’y crois pas trop. Je me dit que si ça doit durer trois ou quatre heures comme ça, je n’y arriverai pas…
Une contraction arrive, elle diminue et là, au lieu de s’arrêter, je sens une autre contraction qui reprend en intensité. J’ai un moment de panique, je me jette par terre car je ne sais plus comment faire, mais comme la position me fait encore plus mal, je me force à « me reprendre ». Je me dit « Non, il ne faut pas que je panique ». Je me remets en position accroupie, mes bras au cou de Fabien, je souffle sur la contraction en poussant doucement avec le diaphragme, et là j’essaye de pousser « pour voir », car c’est dur, même de juste souffler.
Et là je sens qu’il faut que je pousse effectivement (!!). Je ne sais pas si c’est le bébé ou si c’est juste les intestins… Je réessaye de pousser, et là je sens la tête du bébé qui écarte. Je dis à Fabien « C’est le bébé! » et je pousse doucement sur toute la contraction, je suis motivée je veux pousser jusqu’à ce que la tête passe. Bizarrement je ne me rends pas encore compte si la tête passe le col ou la vulve ! Je visualise juste la tête du bébé qui fait son chemin, qui écarte, qui écarte. et qui passe ! C’est un moment magique. Ça ne m’a pas fait mal. J’ai juste eu cette vision de la tête du bébé qui écarte les chairs, il fallait que je l’accompagne jusqu’au bout.
Je mets la main (j’ai besoin de vérifier, oui, je sens la tête du bébé à l’extérieur, les cheveux tout chauds et humides ! ) et je dis à Fabien « C’est la tête ». J’ai à peine le temps de dire « bon, il faut attendre la suivante », que la contraction suivante arrive…
Je pousse encore, doucement, et très vite je sens et j’entends le bébé sortir. Un sentiment complètement magique, émouvant, surprenant (j’y suis arrivée, on y est arrivé!). J’entends Fabien qui reçoit le bébé et j’entends son sanglot d’émotion… Une ou deux secondes de silence, à peine le temps de réaliser, et voilà notre bébé qui pleure un peu. Qui essaye ses poumons tout neufs plutôt. Mais il se calme très rapidement.
Je le regarde. Je le vois dans les mains de Fabien.
Je suis un peu choquée par le sang… Dans mon esprit, lors d’un accouchement naturel, sans épisiotomie, il ne doit pas y avoir de sang, ou si peu. Et là j’en vois beaucoup…
Je réalise alors que la poche des eaux ne s’était pas rompue. Notre bébé est né « coiffé », avec un morceau de membrane sur le crâne! Je comprends alors qu’en en fait « tout ce sang », c’est aussi beaucoup de liquide amniotique. Quand même, je serai plus rassurée quand L. sera là !
On a été un peu pris de court par la rapidité… Fabien va chercher le petit radiateur d’appoint, et une serviette pour que le bébé n’ait pas froid. Je le garde contre moi.
Fabien appelle vite L., qui est presque arrivée. Nous regardons l’heure, il est 22h36. Elle conseille à Fabien de m’allonger et de mettre le bébé au sein, et si possible de masser le ventre.
Fabien installe les alèses sur le lit, pour que je puisse m’allonger, avec le bébé. Je ne sais toujours pas si c’est un garçon ou une fille. J’atterris, je suis vraiment « sous le choc », de la rapidité surtout.. J’ai mon bébé, ça y est, il est là, c’est fini, et il y a encore 20 minutes je pensais en avoir encore pour quelques heures… Alors je regarde et je vois que c’est un garçon ! Eh oui, encore un petit gars.
Je commence à lui parler… Je suis un peu déstabilisée par ce bébé qui semble déjà vouloir dormir, sans qu’il m’ait vraiment regarder. Lui aussi a l’air surpris d’être arrivé si vite ! Il ouvre un tout petit peu ses yeux et les referme.
Fabien appelle Guillemette pour leur annoncer la nouvelle, et parler à Clovis. « Je n’ai pas le temps de venir voir le bébé, parce que là je vais me coucher ».. Bon au moins c’est clair, il préfère rester encore un peu isolé avant de revenir. Je suis un peu déçue, j’avais très envie que Clovis puisse découvrir son frère ou sa soeur tout de suite. Mais l’important, c’est qu’il ait pu choisir sa façon de vivre la naissance de son frère. Il ne sais pas encore que c’est un petit frère, il n’a pas demandé, alors Fabien lui dira demain, quand il ira le chercher.
L. arrive. Elle propose à Fabien de couper le cordon et de mettre le bébé au sein. C’est donc Fabien qui coupe le cordon. Au fait, comment s’appelle-t-il ? On le regarde, et on se décide pour Hector. On hésitait encore avec Samson, mais non, c’est bien Hector !
Les contractions ont repris et sont assez douloureuse, j’ai hâte que le placenta soit expulsé. Hector prend le sein, et L. masse le ventre mais comme c’est douloureux, elle me propose de descendre du lit et de m’accroupir. Fabien prend Hector, et une fois accroupie, je pousse doucement avec le diaphragme, le placenta sort très facilement. Je suis contente de le voir ! Pour la naissance de Clovis, à l’hôpital, je ne l’ai pas vu, je ne sais même pas quelle tête ça peut avoir et ça m’a manqué… C’est donc ça le « jumeau » de mon bébé??
Ouf ! Je suis soulagée, car là c’est vraiment terminé, je me recouche avec Hector, je le mets au sein. Mais je continue à avoir très mal. C’est comme si l’accouchement avait été « trop » rapide, et que les vagues d’hormones programmées pour l’accouchement devaient continuer un peu avant que le cerveau comprenne qu’il faille les arrêter. Toute la matinée, j’aurai ces contractions qui m’empêcheront de dormir, alors qu’Hector et Fabien profitent de la fin de la nuit pour récupérer !
L. vérifie l’état de mon périnée. J’ai une légère déchirure, superficielle (seule la peau s’est déchirée), qui nécessiterait deux points. Les points ne sont pas obligatoires, mais si elle ne les fait pas il faut que je sois sûre de ne pas du tout forcer, de bien me reposer pendant 4-5 jours.
Hum, là je n’ai pas du tout envie qu’elle me fasse les points ! L’accouchement est encore trop récent…
L. s’occupe alors de ranger un peu la chambre, elle nous laisse faire connaissance. Elle m’aide à m’installer pour la nuit, elle me lave, change le drap. Je me laisse faire, j’ai juste envie de ne pas bouger et de rester avec mon bébé, pour réaliser tout ce qui vient de se passer. Je lui parle un peu mais j’ai un peu de mal à aller à la rencontre de ce bébé. Bizarrement, malgré tout le médical de mon premier accouchement, la rencontre avec Clovis s’était fait tout de suite, quand il a ouvert ses yeux et m’a cherché du regard…
Hector dort, mais il reste au sein, et si on l’enlève du sein il râle ! Finalement L. le pèse, sur sa balance de « poissonnier », il pèse 3,400kg ! Je me sens mieux, d’attaque pour les points… Je me sentirais plus tranquille si elle me les fait. L. se contente d’un spray local pour anesthésier, comme il n’y a que deux points, faire une piqûre pour anesthésier ça ne vaut pas trop le coup !
Pendant ce temps, Fabien prend Hector en peau à peau, au début il râle mais il se calme très vite et se rendort…
Il est trois heures du matin quand L. part. Nous allons tous bien, ça y est un être humain est arrivé sur Terre ! C’est un petit miracle. Cette belle naissance naturelle et respectée nous permet de ressentir la magie, la beauté de ce moment unique !
Aujourd’hui je suis fière de moi, fière de mon bébé et fière de mon mari car nous avons tous les trois été les acteurs géniaux de cette belle naissance. Hector a été super, je l’ai vraiment aidé à naître et mon mari aussi.
Je me sens parfois un peu « nunuche » de n’avoir pas senti à quel point le travail avançait vite, mais ça reste une anecdote ! Ce qui compte c’est que je garde un très grand et très beau souvenir de cet accouchement, vécu complètement avec mon mari, mon compagnon.
Un énorme merci à L., qui a permis cette naissance à la maison, et à Guillemette qui m’a soutenu et qui a accueilli Clovis. Pour l’anecdote toujours, nous avons appris le lendemain que mon père était à ce moment-là dans le Jura (ben oui, la naissance devait avoir lieu 10 jours plus tard non ?!)
J’espère que ce récit donnera envie aux parents et futurs parents de rechercher un accouchement plus naturel, informez-vous et informez-vous encore aux Pays-Bas un tiers des bébés naissent en structure hospitalière (un tiers à la maison, un tiers en maison de naissance) et les résultats en terme de morbidité / mortalité sont bien meilleurs qu’en France! Visitez par exemple le portail Naissance.
Vous le méritez, et les bébés le méritent aussi !
Trackback du 2 janvier 2007.
[...] La naissance d’Hector [...]
Commentaire du 4 janvier 2007.
Très beau récit, ça fait envie… mais non ! un 4° enfant ne serait pas raisonnable !!
Je vous souhaite à tous les 4 Santé et beaucoup de Bonheur pour cette nouvelle année 2007.
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